31/03/10

Sortie aujourd'hui au cinéma de "Lignes de front"

Etre à l'étranger comporte toute une tripotée d'avantages (ne serait-ce qu'une sorte d'exotisme !), mais il existe aussi quelques inconvénients, quoique mineurs. Mais tout de même !

Je pourrais bien sûr parler du vin et du fromage qui me manquent tout particulièrement (sauf en ce moment : je fais une cure chez mon père ...), mais c'est à tout autre chose que je fais allusion.

Il s'agit de cinéma.

Oui parce que certes, les Vietnamiens et les Australiens aussi ont des cinémas, mais ils n'y passent pas les nouveautés françaises...

Or aujourd'hui sort un film que je serais volontiers allée voir : "Lignes de front".




L'intérêt ?

Jean-Christophe Klotz, le réalisateur, filme ici le dernier génocide rwandais qui eu lieu en 1994. Alors oui forcément, c'est un sujet qui me touche hein, étant moi-même franco-rwandaise. Mais au-delà de cela, je m'intéresse aussi au rôle qu'a tenu le reste du monde face à ces massacres, à ce que les politiques protégeaient en laissant faire (voir même en y participant indirectement).

Et puis il y a autre chose... quel rôle les journalistes pouvaient-ils bien tenir ? Comment transmettre l'information à ceux qui ne savent pas... ou ne veulent pas savoir ?

Avant de réaliser "Lignes de front", J.C Klotz a d'abord fait un documentaire, "Kigali, des images contre un massacre" (2006).*






Extrait de "Kigali, des images contre un massacre"

"Ce dont je parle dans "Kigali...", c'est la comment la noble cause du reporter se heurte à la pratique où trop souvent, soit on ne sert à rien, soit, au pire, on contribue à fabriquer des leurres." (J.C Klotz)

Un docu qui lui a permis de réunir les informations nécessaires à la conception de "Lignes de front", dont voici le synopsis :

Antoine Rives, journaliste indépendant, tourne un reportage sur les rapatriés du Rwanda. Il rencontre alors Clément, étudiant rwandais d'origine hutue dont la fiancée tutsie, Alice, a disparu. Antoine le convainc de repartir avec lui au Rwanda à la recherche d'Alice, et de le laisser filmer son périple.
Un "pacte" qui s'avère très vite intenable face au chaos dans lequel ils vont se trouver plongés. Une traversée de l'horreur dans laquelle Antoine perd ses illusions sur son métier de journaliste et se demande jusqu'à quel point il peut filmer et exposer la tragédie humaine au reste du monde.






Extraits de "Lignes de front"

"Lignes de front" n'est pas le premier film traitant du génocide rwandais de 94 (je pense notamment à  "Hotel Rwanda" de Terry george, et à "Shooting Dogs" de Michael Caton-Jones).

Alors pourquoi aller le voir me demanderez-vous ? Peut-être tout simplement pour ce que Pierre Murat dit si bien dans sa critique, (Télérama, 03/04/10... à paraître donc, mais déjà sur le site)** :
"Filmer pour alerter, filmer pour dénoncer, soit ! Mais quand, comment, jusqu'où ?... "Lignes de front" comme "Kigali...", s'interroge sur deux responsables : le cinéaste, qui montre, et le spectateur, qui ne veut pas voir. Pour Jean-Christophe Klotz, le regard - comme le travelling de Godard - est une affaire de morale."

Au-delà de la responsabilité du journaliste, souvent évoquée dans les films cités ci-dessus, c'est à celui qui filme et au pouvoir des images que l'on s'attache ici et ça, ça change.

A découvrir presto donc, si tant est que le sujet vous intéresse, oeuf course !
Le film sort en salles aujourd'hui 31 mars. Si vous y allez, vous me direz ce que vous en aurez pensé !

"Lignes de front"
Réalisation : Jean-Christophe Klotz
Avec : Jalil Lespert, Cyril Gueï, Philippe Naho, Eriq Ebouaney, Jean-François Stévenin
* Source : www.allocine.fr 
**Source : www.telerama.fr

1 commentaires:

aDeLiNe a dit…

Je suis venue j'ai lu je suis repartuturlututu!